Thursday, January 13, 2011

Un point à l'envers


Un point à l’endroit

un point à l’envers

pique pique ta colère

Suave, sensuel, serti de diamants sur une face de l’étoffe

le point attaque, mord, détruit sur le revers

Un point à l’endroit

un point à l’envers

pique pique dans ma chair

Sur une ligne régulière le fil noir a entamé l’intérieur

Pendant qu’à l’extérieur le fil blanc court, droit, léger...

Un point à l’endroit

un point à l’envers

pique pique notre repaire

La couture dévore, quel que soit les sacrifices qu’on lui octroit

Qu’ai-je fait pour ainsi devenir ta prisonnière?

Un point à l’endroit

un point à l’envers

pique pique cet enfer

Le point se resserre: il n’a plus d’étoffe à grignoter

avec le temps tout a été recouvert

Un point à l’endroit

un point à l’envers

Un point à l’endroit

un point à l’envers

un point à l’envers, un point à l’envers, un point à l’envers...

Pourriez-vous l’arrêter de zigzaguer?

Tout part de travers

Faites quelque chose! Je vous en supplie!

Père!

Un point à l’endroit

un point à l’envers

pique pique couturière

Reprend le fil et reprend l’aiguille là ou tu les avais laissés

il n’y aura pas meilleur artisan de ta vie

que toi qui espère

Monday, January 10, 2011

Caracas

Caracas, Venezuela, 1989


Sur les murs

Poudroit

L’ombre blanche

De nos mains enlacées,

Nœud du voyage,

Tête chercheuse

Qui avance

Les yeux fermés.

Sur les draps,

Blanchis

Par le poids

De tes seins de mesange,

Je rêve encore

A ces nuits

Et à ces paysages

Que je ne saurai jamais

Dessiner.

Au creux

De l’intime cavité,

Bruisse l’eau jaillie

De notre partage,

Froufrouttent les étoiles

Et toute un frange

Indéfinie de couleurs

Et de lézards

évadés.

A l'amant

Un grand lit vide

C’est comme un bateau à quai

Ça manque d’air, de vent dans les voiles.

L’arrimage est trop serré.

Les rêves tournent au cauchemar.

On allume, on eteind,

Les feux de la table de nuit.

Sans arrêt.

Sans sommeil.

Cherchant un livre ami,

une présence dans les plis

des draps que l’on froisse,

qu’on caresse,

qu’on supplie.

On est à fond de cale.

l’immobilité gagne,

l’ennui aussi.

Les sirènes sont échouées,

les vagues claquées,

reste le clapotis des étoiles de la clim.

et les pensées qui divaguent

somnambules, solitaires,

entre les algues

des cheveux éparpillés sur le lit.

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Monday, November 15, 2010

Duane, sailor 1950


He's my uncle. I believe that he made lots of girls dream. He was posted in Hawaii for a while. Did he also go to Korea? All I know is that I grew up drawing faces of men that always had his face! Believe it or not! He's my hero, my Corto Maltese!

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Inanimée


Ses pieds sont nus

Sur le carrelage

Blanc

De la cuisine

Il fait nuit noire

Et l’on entend

Le tic-tac lent

De l’horloge murale

Sa peau est blanche

Sous son tee-shirt trop lâche

Elle ne dort pas

Il est trop tôt

Il est trop tard

Tout est dans le noir

Quand elle ouvre la porte du frigo

C’est comme un spot

C’est comme un phare d’auto

Avant d’être écrasée, laissée sur le carreau

C’était avant…

Il n’y aura pas de choc

Le plus dur est passé

Elle n’a envie de rien

Elle a juste un peu soif

Mais ses mains sont si lâches

Sa tête est si lourde

Sa tête est si haute

Au-dessus de ses pieds glacés

Pourtant il faut se baisser

Un peu

Pour attraper l’eau

Elle est si vieille

Elle est si laide

Eblouie par la lumière crue

Elle n’a plus la force d’être belle

Elle regarde sans regarder

L’étagère, avec ce qu’elle aimait manger

C’était avant…

Elle prend la bouteille

Referme la porte

Se sert un verre

Et debout

Face a l’évier

Toute la nuit

Inanimée

Elle boit un verre d’eau fraîche

Pour sentir en elle

Tout doucement couler

Un petit sillon de vie

En espérant

Au petit matin

se ranimer.

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Impressions japonaises


J’ai vu Kyoto et le mont Fuji Yama

La première sous la pluie,

le second de loin, par la fenêtre du Shinkanzen,

J’ai vu des Geishas dans le métro de Tokyo

S’asseyant avec grâce a coté de passagers fatigués

Au zoo de Tokyo j’ai vu les Pandas

Ils tournaient le dos aux enfants agglutinés devant la paroi

J’ai vu des moines Shinto faisant la manche

Sous des néons, devant une foule du dimanche

A Nagoya, j’ai vu des hommes en costume noir

Qui partaient travailler le matin comme des robots

J’ai mangé des Sushis et des soupes miso,

Des tofus aux étonnantes saveurs

Craquants sur le dessus, tout mous a l’intérieur

J’ai marché sous la pluie sur les pavés patinés par les siècles

Je me suis assise à l’abri d’un temple zen et je suis restée là, en tailleur,

Des minutes qui devinrent des heures

J’ai vu des jardins parfaits, des instants d’éternité ratissée avec sagesse

J’ai caressé des biches à Nara, et nourri leurs faons de petites galettes,

Pendant que des collégiennes en goguette riaient qu’elles reniflent leurs socquettes

J’ai suivi du regard une fillette

Qui marchait seule sur un chemin étroit

Entre les miroirs des champs recouverts d’eau

J’ai vu des maisons en bois sombre, petites, juste la place pour des colombes

J’ai photographié un enfant aux joues de porcelaine s’émerveiller devant un moineau

Et un père jouant au base-ball avec ses filles, une casquette rouge vissée sur la tête.

Je n’ai rien vu du Japon, je ne l’ai que survolé du regard

Et chaque impression reste gravée là

Au plus profond de ma mémoire

Comme un songe née des histoires

que l’on raconte aux enfants

Et qu’ils voudront aller voir plus tard,

lorsqu’ils seront grands.


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Longtemps, je n'ai pas compris


Longtemps, je n’ai pas compris lorsqu’on me parlait.

Les mots étaient étranges, beaux, sonores, lumineux ou sombres, mais toujours un peu opaques… Opalins.

J’écoutais sans comprendre d’abord et c’était une jolie musique qui me suffisait.

Oui, c’est certainement comme cela que ça a du commencer !

J’écoutais, bébé, tout en regardant les lèvres de ma mère et de mon père tour a tour articuler des mots aux musiques différentes. Leurs lèvres s’ouvraient, se refermaient en de multiples baisers, formant des papillons joyeux et colorés qui voletaient au-dessus de mes yeux, frôlaient mes oreilles, caressaient mes joues.

Je n’ai pas compris les choses les plus simples parfois.

Je vivais dans un monde parallèle, je vivais dans deux mondes en même temps, deux univers superposés, entrelacés, plein d’innocence et d’invention.

Je réinventais le sens des mots, j’y mettais toute ma naïve interprétation du monde, la musique avait un sens différent de celui des mots.

Ce n’est qu’un vague souvenir, une sensation et peut-être ne s’en apercevait-on pas. Pourtant...on me disait lente. On me disait tête en l’air.

Et c’est bien de cela qu’il s’agit ! Avoir la tête en l’air, un peu surélevée par rapport a celles des autres, a qui les mots tombent dans les oreilles sans effort, habituée que j’étais a devoir aller cueillir les sons qui sortaient de la bouche de mes interlocuteurs, a soulever ma tête vers la mère nourricière : la langue et a la retourner comme un terreau.

J’entendais l’anglais parle par maman, ses mots doux de l’Iowa, un anglais de Sioux m’a-t-on fait croire, plein de charme, de malice, mélange de légèreté et de grâce.

J’entendais le français, la langue douce et taquine de mon père. La voix autoritaire aussi parfois et de magnifiques silences, comblés par les bruits de la mer. « La langue française », Monsieur de la Fontaine, parfaitement ! Celle qui m’a fait écouter avec encore davantage d’attention, qui m’a rendu l’amour poète et inventif et m’a plongé au coeur des livres dans un voyage de compassion.

Et les deux se sont rencontrés...

L’Américaine a séduit l’Auvernat. Leurs enfants ont le sang mêlé. Leurs mots d’indigène portent une absence en creux, un relief qu’eux seuls peuvent entendre.

Avec l’Anglais je suis partie en voyage, j’ai rencontre les Indiens d’Amérique, j’ai eu pour compagnon un chat et son chapeau haut de forme et j’ai eu envie de raconter des histoires pour rester une enfant moi-meme, certainement.

Avec le Français, j’ai eu envie d’être poète, d’être Céline, Proust, Prévert , Rimbaud. J’ai découvert que sous la peau de l’horrible grammaire existait une jeune fille subtile et malicieuse digne d’un roman de Madame de Sévigné .

Avec l’Anglais j’ai eu envie de jouer avec les mots, d’être bercée par eux et d’avoir des enfants.

Avec l’Anglais j’ai eu mes plus gros coups de gueule.

Avec le Français, j’y ai rajoute de la rhétorique !

Avec l’Anglais, j’ai pris le ton de la comédie.

Avec le Français, j’y ai mis du drame.

Avec l’Anglais, j’ai rencontre les autres.

Avec le Français, je les ai séduit.

Les deux langues ne se jalousent pas, elles m’animent sans même soupçonner l’existence l’une de l’autre.

« Quand vous pleurez, vous souriez aussi. Vous le saviez ? »

Je n’oublierai jamais la tendresse avec laquelle un homme m’a dit cela.

Je ne sais dans quelle langue je pleure ou je ris. C’est vrai que mon sourire semble vouloir excuser mes larmes. C’est que je suis double ! Et je ne comprends pas ce monde qui ne conçoit pas la duplicité des êtres, qui ne voit toujours que la face visible des choses, qui vit dans son jargon, dans « sa » Langue, sans que personne ne fasse l’effort de s’entendre, de se comprendre.

A ceux qui pensent que je n’ai pas toujours compris, je dis ceci :

De ma fenêtre, de mon lit d’enfant là-haut, je vous écoutais, et plus tard encore, de loin ou de près, dans le silence, je vous observais et voici qu’un jour, après avoir pris mon temps, après avoir fait mon voyage sur la lune, j’ai commence dans ma langue a moi a traduire ce monde-ci.

Et aujourd’hui, j’ai envie de transmettre à mes enfants ces beaux fruits. Mes mots a moi. Ma langue qui n’est pas la langue de tout le monde et pourtant qui me semble bien plus universelle que d’autres.

Jade et Adrien,

Je vous souhaite d’entendre vous aussi de multiples langues et qu’elles résonnent en vous avec de multiples couleurs, qu’elles rendent votre existence plus belle et votre âme plus riche.

Vous comprendrez avec votre coeur. C’est ce qui importe le plus.

A vous, mes amours.

Sophie

Thursday, April 02, 2009




Lettre a Chadia, le 8 Octobre 2003,



Entree en matiere :
Adrien au bain. Pour te mettre dans l'ambiance !
Je trouve qu'il ressemble de plus en plus aux Chaussende, mais notre voisin de pallier, un copain, dit qu'il a le plissement des yeux de Bertrand. C'est fort possible... c'est son pere apres tout !

Ou c'est qu'on vit ?
(Picture 2 : entree avec ordinateur et au-dessus nos chambres et salon - encore niveau au-dessus cuisine avec 2 autres chambre / Jade couchee dans le salon, petite terrasse)
A 15 minutes du centre en bus, ou en auto (on a une grosse Volvo !). Voici quelques photos prises a Noel 2002 qui te donnent un appercu de l'appart. Vu de l'exterieur, ca fait HLM. Grande tour de briques rouges, avec plus bas des habitations qui font partie de la "residence", et qui sont sur 2 ou 3 niveaux seulement. Le tout dans un contexte vallonne, avec piscine, tennis, salle de gym et petits commerces dans le complexe. Il y a des Singapouriens qui vivent ici, je te rassure, ce n'est pas un ghetto (beaucoup de condominiums recents donnent ce sentiment !).
Jade va a l'ecole dans ce complexe. C'est une ecole locale. J'ai eu envie qu'elle se passe du systeme francais pour cette periode de maternelle. De plus, l'ecole francaise est loin et les enfants doivent se lever vers 6h30 pour prendre le bus de ramassage scolaire. Faut peut-etre pas deconner non plus ! Elle a donc 1h de chinois par jour, "etudie" le matin et l'apres-midi va a la garderie, au moins 2 a 3 fois par semaine. A chaque fois il y a une maitresse d'anglais et l'autre de chinois. Du coup, la Chinoise fait office d'assistante pendant que les enfants ne suivent pas son cours. Jade s'est integree rapidement, avec cependant des periodes difficiles pour elle. A present, elle semble avoir des amis a l'ecole (sur 10 eleves, une petite francaise et un anglo-thai) et avec les enfants qu'elle voit a la piscine, sur les terrains de jeu et en dehors de la residence (elle fait du "theatre" et va une fois par semaine jouer avec un groupe d'Australiens-neo zelandais), elle n'est pas seule.
Enfin, chose non negligeable. Nous avons sympathise des notre arrivee avec un Francais qui a epouse une chinoise singapourienne. Ils ont emmenage le lendemain sur notre pallier. Nous sommes devenus les meilleurs amis du monde. Il ecrit des chansons populaires pour se detendre (aurait ete chantees par Pagny et Johnny...) et dirige une boite de com ici. Drole la vie, non ! Elle bosse a mi-temps avec lui. Elle est craquante et marrante. Ils ont eu une petite fille ensemble et sinon vivent aussi avec l'enfant qu'ils ont tous les deux eux d'un 1er mariage. Les gens sont sympas, polis et tout le monde se connait ou du moins se salut. Pas vraiment tout le monde, car il y a bien 1000 habitants dans le complexe, et oui !


Emploi du temps :
Le matin je m'occupe ("travaille" ou fait courses), l'apres-midi j'ecris, dorlotte et m'occupe de Jade et de la divertir avec ses copines.
Mais que fait Bertrand ?
Il bosse Madame ! Il est a la fondation Europe-Asie, l'Asef. Structure gouvernementale, financee par une vingtaine de pays, europeens et asiatiques. Il organise des seminaires, conf... de toutes dimensions, afin de rapprocher les peuples ! Echanges sur questions politiques, geostrategiques, mais aussi environnementales, sociologiques, culturelles... Bref tout ce qui preoccupe la societe civile et les gouverements actuels. Il s'eclate. Il bosse a 30 minutes de chez nous. Avec une equipe internationale, dont une Philippine, une Coreenne - parlant francais couramment !- et une Indienne dont il a l'air tres "content" ! Je rigole, j'suis pas jalouse ! Mais bon, il parait qu'elle a de gros seins !
Il voyage aussi. Frequence : environ une fois par mois. A Paris, a Jakarta... dans les pays membres de l'Asef.
Ce mois-ci nous ne le voyons quasiment pas. A vrai dire, il rentre ce soir apres 15 jours d'absence. On est toutes excitees avec Jade. Pour feter ca : repas thai ce soir - prepare par Marilyn (notre maid philippine) et vendredi il repart... pour Rome !
J'essaie de ne pas me morfondre en son absence. A vrai dire, etant aussi un animal sauvage et solitaire, ca ne me deplait pas entierement. La semaine derniere j'ai entraine une Australienne (parlant coreen et japonais !) voir un film japonais. Et figures-toi qu'il y a un festival du film tcheque en ce moment ! Hier soir, sur un coup de tete, j'ai laisse Jade et Adrien a Marilyn et suis allee en voir un "Divided we fall" : formidable de drolerie, ce film meritait largement une palme.

Et sophie, qu'est ce qu'elle fout quand elle s'occupe serieusement !?
Je suis benevole au musee historique de Singapour. Deux fois par semaine, je guide les classes des ecoles locales a travers une expo qui leur est reservee, avec des activites marrantes pour les detendre ! J'ai trouve ca a mon arrivee. En cloque comme j'etais, il ne m'etais pas possible de faire autre chose vraiment. C'est un parfait compromis pour moi. En plus je suis dans mon element : des relations publiques - contact avec les enfants - de l'art ! - et la stimulation intellectuelle d'apprendre quelque chose et rencontrer des tetes nouvelles. On se reparti les visites a trois ou quatre benevoles, afin que chacune ait 10 a 15 momes, pas plus. Les benevoles sont en grande partie des expat de 40 a plus balais, mais il y a bien 30% de singapouriennes, ainsi que des Malaises, indonesiennes etc. Et je suis ravie ! La semaine derniere j'ai rencontre une femme argentine. Et elle veut bien me parler en espagnol. Elle est marrante et a epouse un Americain. Elle doit avoir dans les 50 balais mais est tres jeune d'esprit. Elle me propose d'aller au club espagnol de temps en temps pour pratiquer davantage. Si, porque no ! "Oun clubbe espagnol !"

De plus, j'ai decouvert cette semaine une nouvelle activite "greeter au musee des Arts asiatiques" (plus sompteux celui-la !). Il s'agit d'accueillir les visiteurs de ce superbe musee, en leur offrant d'etre leur "initiateur" a la visite du musee (les introduire dans les salles avec quelques informations sur ce qui est presente, voir un zoom sur une piece en particulier), ou simplement leur faciliter leur acces par des infos pratiques, et leur offrir un sourire asiatique ! l faut que je me forme a cette activite au prealable. L'initiative a ete lance par une singapourienne de 50 ans, Pauline, ancienne pharmacienne reputee, qui a une energie et une chaleur incroyable. Elle m'a seduite immediatement. Elle est truculante, vive et curieuse comme savent l'etre les asiatiques. Donc en terme d'emploi du temps et de facon de mener cette activite c'est "Quartier libre!". En effet, cette super hotesse d'accueil, a la fois guide et personne de bons conseils, peut venir quand elle le souhaite, matin ou apres-midi (4 heures a chaque fois).

J"irai egalement tous les lundis matins a des petites conferences sur l'art, l'histoire, la sociologie...asiatique. Ca c'est en rejoignant recemment l'association des "Amis du musee" (pour la modeste somme de 17 euros/an) que je vais le faire. J'ai commence cette semaine. Ca m'a permis de completer ce que j'avais appris dans le cadre de mes visites organisees pour les enfants au Musee historique, sur le theme des Premiers habitants-immigrant de Singapour.

Quel temps qui fait-il donc ?!
En ce moment, ici, c'est la saison des pluies. Notre automne a nous. Le ciel est charge
de nuages, le soir il fait frais et je dois me couvrir les epaules d'un pareo si je veux rester sur la terrasse !!!! Fraicheur dans la moiteur (70 a 80 % d'humidite en permanence avec 30 C la journee et 24 le soir), c'est pas mal comme melange.

Les parfums d'un matin comme les autres :
Le matin, j'emmene Jade a l'ecole. Elle commence vers 8h. Sur mon chemin, je croise des oiseaux jaunes fuorescents, j'hume le parfum des fleurs de frangipanier qui jonchent mon chemin jusqu'a l'ecole et je suis accueillie par les gentils sourires asiatiques de la directrice.

Madame s'amuse !
Il y a toujours un festival a Singapour. Une fete religieuse, soit chinoise, soit hindou, soit chretienne, soit malaise... Le festival des lanternes (chinois) s'est acheve en septembre. Bientot ce sera. Deepavali, la fete indienne de la. Il faudra que nous allions faire un tour a cette occasion dans le quartier indien "little India". Jade n'aura pas d'ecole ce jour la, et ramenera encore la veille une de ces merveilles structurees avec des bouts de ficelles et des calques multicolores ! Apres ce sera Holloween ! Ici aussi les gosses sonnent aux portent, jusqu'a pas d'heure parfois !
Et le wee-end, en famille, quelle activite ?
La plupart du temps nous restons a Singapour. On ne va pas a la mer, car tout autour de l'ile, bien qu'il y ait des plages amenagees, l'eau est trouble et savonneuse du fait des cargos qui stationnent tout autour et que l'on peut voir aisemment car en fait ils bouchent la perspective !
Sinon, il est facile de prendre un avion pour la Thailande ou Bali a 1 heure d'avion d'ici. Il est encore plus aise de prendre un bateau pour des iles indonesiennes. Nous sommes alles a deux reprises depuis que nous sommes la (arrives en decembre 2002) sur l'ile de Bintan. La on peut enfin se baigner ! Enfin, l'ocean ! Mais l'hotellerie n'est pas donnee, car tout est concu pour les singapouriens plein de pognons (!) qui n'aiment pas dormir avec des bebettes dans leur lit et aime la clim par-dessus tout. Et oui, ca change des conditions du back packer que nous avions ete avec Bertrand en 1996-1997 ! Mais bon, j'avoue ne plus dire non a une bonne douche chaude !
Autre destination possible, accessible en voiture : la Malaisie. Les rives de ce pays que l'on rejoint en traversant l'un des deux ponts qui le relie a Singapour, est a 45 min de chez nous (quand on echappe a la queue du a la douane). Il y a surtout des parcs nationaux incroyables a voir en Malaisie, mais ils sont a plus de 6h de route.

Mais bon, pour rendre tout cela plus vivant, laisse-moi te raconter un WE en Malaisie.
Pour info, la capitale, Kuala Lumpur est a 4h environ d'ici, en voiture. Nous devions nous rendre ce WE la, avec des amis, que nous suivions en bagnole, dans un mega "Aqualand' malais, immense terrain de jeu pour leur grands enfants et nous-meme. La ou ca coince, c'est qu'un WE c'est court ! Surtout quand les intemperies s'en melent. Et il faut toujours compter sur le dechainement de la nature ici ! Bref, au lieu de mettre 4 pour y arriver, nous avons mis plus du double. Motif ? La pluie. Maudite saison des pluies. Et maudits conducteurs malais. Ils se croient dans un jeu video au volant. C'est affolant. Donc a l'aller, carambolage sous une pluie de fin du monde. Nous avons ete embouti (la Volvo est resistante, grosse mais resistante) mais heureusement avons pu repartir sans commotion. Nous avons aussi embouti la voiture des copains ! Mais on est reste potes ! Donc, apres ca, et une fois que le deluge s'est calme, nous avons passe encore 1h au poste de police pour faire la declaration. Une fois arrive avec les copains dans le "disneyland" aquatique, on trouve que ca fait un peu Sarcelles 2000 pour l'exterieur et a l'interieur, le comble du kitsch, mais heureusement des activites follement divertissantes ! Bref, ce sera la derniere fois ! Car le Malais a egalement un sens tres personnel de la signalisation routiere, si personnel que, combine avec son approche auto-tamponneuse de la conduite,
nous n'avons plus aucune envie de conduire dans leur PUTAIN DE PAYS ! (la nature, il faut aller voir la nature nom de dieu !).

Conclusion
C'est plus sympa de vivre a Singapour qu'en Tchetchenie ! Alors je ne vais pas te parler de mes petits bobos a l'ame, du spleen de la femme de 37 ans qui n'a plus d'independance financiere (elle le veut bien, non !), et qui aimerait avoir la chaleur de ses copines et de sa famille qui sont bien loin !!!!
En depit du climat un peu trop emolient a mon gout (ceci dit ma peau adore !), et meme si Singapour manque d'un certain exotisme, on y gagne en modernite et confort de vie, bien appreciables avec des enfants (qui ont tout le temps pour bouffer du serpent au petit dejeuner).
Bref : CA VA BIEN. Je suis heureuse.

Mais tout a une fin, n'est-ce pas petit scarabee !

ALORS JE PROFITE A DONF !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!1

A bientot,
Je te bise sur les cils.

Sophie

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Wednesday, February 25, 2009

Nicolas de Stael, lettre d'amour

Nicolas de Stael


Ce qu’il ne sait pas,
C’est que Nicolas de Stael n’est pas qu’un peintre
Pour moi
Il est le navire et l’écume blanche
Et toutes ces nuits que j’ai passées assise a ses pieds
A souffrir de notre amour de 16 ans
A écumer nos rêves
A le prendre mille fois ce bateau
A le dessiner du regard,
De toute mon ame, de toute ma peau.

Ce qu’il ne sait pas, l’amant d’aujourd’hui,
Et qu’il ne peut deviner,
C’est a quel point ses yeux me disent l’amour d’avant
Et je ne m’etonne pas qu’ils aiment tous les deux le meme peintre
Je me tais et l’ecoute me parler doucement
Mais je n’entends que ce que j’ai vu sur le mur au tissu tendu comme la peau d’un ventre, d’un vaisseau qui nous retenait dans son antre
Et je ressens cette alchimie de melancolie et de rêve
Ce voyage dangereux mais necessaire
Ce lourd paquebot maladroit comme les premiers ébats
Et pourtant cette rage, ces nuances de bleus et de verts
Violentes complaintes insondables,
Qui conduiront l’un aux iles de la Sonde
et l’autre, du duel aux méandres médiévales.

C’est vrai,
Nicolas de Stael n’est rien
Pour moi qui ne l’ait aimé qu’à travers eux.
Il n’est que leur porte-parole, leur marin,
Il est ces quelques années de jeunesse slave,
Des nuits sans sommeil, des promesses intenables
Et les marches ou je restais recroquevillee avant de passer sous la vague.

Mais que Magritte me pardonne, si j’ai confondu les souvenirs
Que son caillou jaillisse de la mer ou tombe du ciel
Qu’importe !
C’est Nicolas
De Stael !

Le 30 aout 2004, Singapour

Tuesday, April 22, 2008

Dark mood!

Tout passe

Tout passe
S’efface
C’est doux
C’est tout

Tout espace
Se ramasse
C’est flou
C’est nous

Tout fait place
au rapace
Il est ou?
Mais en vous!

Tout l’agace
ou le froisse
C’est fou
C’est tout!

Rien, aucune trace
Juste la caillasse
En depit de tous
Vos efforts de guerre lasse
Tombent en cailloux

Quand tout
a la surface
Remonte coriace
Le temps vorace
oublie tout

Loups et limaces
A chacun sa grimace
A tous la meme farce
car
tout fugace
trepasse
dans un trou
c'est
tout

Thursday, October 05, 2006

Week-End d'Automne en trois vues





Un familier du Potter's Village, le site ou je fais de la potterie le jeudi matin sous la tutelle d'un maitre potier. Ce Mr Teo sur la photo ne fait que des Rhinos (il est entrepreneur du BTP le reste du temps).
Une soiree avec Kanan, l'amie japonaise de Jade, avec sa voix grave et sa gentillesse polie du pays du Soleil levant.
Une viree au Bird Park, avec l'attraction dont on ne se passe pas: le vol des perroquets entre les cerceaux! Walter et sa fille Anna etaient avec nous au grand plaisir d'Adrien, secretement amoureux d'Anna!