Cafe KUDETA, Seminyak, Bali
Bali. Le ciel s’embrase au-dessus de Ku Dé Ta.
Un cerf-volant en forme de voilier plane dans le ciel, entre la mer et la plage.
Caipirinha pour Bertrand et moi.
Trois surfeurs célèbrent la tombée de la nuit sur les vagues qui s’étalent, là, à quelques mètres, à quelques brasses pour les braves que nous ne sommes pas, car nous sommes allongés sur des sofas gris anthracite pendant qu’un DJ met l’ambiance parmi une faune internationale, très jet-set, lunettes Gucci blanches relevées sur le front, avachis sur leur sofa, regardant leur voisin l’air de rien, histoire de vérifier qu’ils sont bien du même monde, de mater leur look et de se demander: “Tiens, il sont Brésiliens, Australiens ou Français ceux-la?”.
La musique lounge rythme l’arrivée du soir, la lumière orangée qui a envahit le ciel laisse place à des nuages gris anthracite assortis aux sofas. C’est très chic Bali!
Une Australienne négocie une chemise en batik du haut des marches en Tek gris de Ku Dé Ta, pendant que la Balinaise, un fichu sur la tête, un vieux T.Shirt troué sur le dos, essaie d’en tirer le meilleur prix. Ce qu’elle fera, a n’en pas douter avec toute la grâce du monde.
La musique a changé. Le groove s’accélère. La Caipirnha chauffe un peu la gorge. Le ciel est noir au loin. Bertrand porte une chemise rouge-sang qui fait une tache dans la nuit. Les serveurs, vêtus de noir, passent allumer des bougies. Des enfants du monde rêvé courent entre les tables-basses et demandent à leurs parents: “papa, papa, tu m’achètes un cerf-volant!?”.
La nuit commence a plonger dans l’ombre les visages dorés par le soleil et l’on dirait qu’ils ont tous la même couleur à présent ; la couleur de la nuit rend les serveurs aussi sombres que des statues d’ébènes. Les femmes indonésiennes s’éloignent. Lasses. L’ une d’elle passe près de moi; de longs cheveux noirs et une main gracieuse glisse a travers ses brins soie.
C’est Bali après le second attentat.
En attendant que tout ce petit monde ne vole en éclat.
Beau Ku Dé Ta.