Thursday, January 13, 2011

Un point à l'envers


Un point à l’endroit

un point à l’envers

pique pique ta colère

Suave, sensuel, serti de diamants sur une face de l’étoffe

le point attaque, mord, détruit sur le revers

Un point à l’endroit

un point à l’envers

pique pique dans ma chair

Sur une ligne régulière le fil noir a entamé l’intérieur

Pendant qu’à l’extérieur le fil blanc court, droit, léger...

Un point à l’endroit

un point à l’envers

pique pique notre repaire

La couture dévore, quel que soit les sacrifices qu’on lui octroit

Qu’ai-je fait pour ainsi devenir ta prisonnière?

Un point à l’endroit

un point à l’envers

pique pique cet enfer

Le point se resserre: il n’a plus d’étoffe à grignoter

avec le temps tout a été recouvert

Un point à l’endroit

un point à l’envers

Un point à l’endroit

un point à l’envers

un point à l’envers, un point à l’envers, un point à l’envers...

Pourriez-vous l’arrêter de zigzaguer?

Tout part de travers

Faites quelque chose! Je vous en supplie!

Père!

Un point à l’endroit

un point à l’envers

pique pique couturière

Reprend le fil et reprend l’aiguille là ou tu les avais laissés

il n’y aura pas meilleur artisan de ta vie

que toi qui espère

Monday, January 10, 2011

Caracas





Sur les murs
Poudroit
L’ombre blanche
De nos mains enlacées,
Nœud du voyage,
Tête chercheuse
Qui avance
Les yeux fermés.
Sur les draps,
Blanchis
Par le poids
De tes seins de mesange,
Je rêve encore
A ces nuits
Et à ces paysages
Que je ne saurai jamais
Dessiner.
Au creux
De l’intime cavité,
Bruisse l’eau jaillie
De notre partage,
Froufrouttent les étoiles
Et toute un frange
Indéfinie de couleurs
Et de lézards
évadés.

A l'amant

Un grand lit vide

C’est comme un bateau à quai

Ça manque d’air, de vent dans les voiles.

L’arrimage est trop serré.

Les rêves tournent au cauchemar.

On allume, on eteind,

Les feux de la table de nuit.

Sans arrêt.

Sans sommeil.

Cherchant un livre ami,

une présence dans les plis

des draps que l’on froisse,

qu’on caresse,

qu’on supplie.

On est à fond de cale.

l’immobilité gagne,

l’ennui aussi.

Les sirènes sont échouées,

les vagues claquées,

reste le clapotis des étoiles de la clim.

et les pensées qui divaguent

somnambules, solitaires,

entre les algues

des cheveux éparpillés sur le lit.

Labels: