Exister
Je traverse le pont et respire à pleins
poumons
L’air est rempli d’un chant d’oiseau
Je marche sur le fil du son
Qui courre sur l’eau
Et se déroule, invisible, sous mes pas
A peine cela
Exister
Exister à peine...
Mais c’est déjà cela !
Les jambes animées,
Les yeux libres.
Même si je transporte une forteresse
Avec son roc, ses fossés, ses archers
Et ses chaines.
Exister à peine,
le souffle court...
Mais c’est déjà cela.
La peau ressent le vent,
Les cheveux distraient le visage
La gorge est sèche, sage dans son silence,
Pas un son n’en sortira
La clé du château est au fond du ventre
figée dans une attente inquiète
depuis tant d’années
depuis des siècles
Exister
Je traverse le pont, sans âge
L’enfance éternelle m’accompagne
Pourtant cette eau, là, n’est plus la
même !
Tant d’histoires, de crues, de temps ont
passé.
Exister...
Là, maintenant
Est-ce sauter ?

