Sunday, November 20, 2005

Méditerranée

À mon papa

Je vois tes yeux bleus
Ils me fixent à travers ton masque
Ils brillent de tendresse
Et de bonheur, sûrement,
De voir les miens, si petits et si confiants,
Derrière mon masque d’enfant.

La Méditerranée est notre mère,
Notre aquarium géant
Les poisons sont autant de créatures
Que la mer nous offre en présent.
Je sens ta main immense
Qui serre la mienne si menue
Je suis convaincue que je respire
Comme les poisons, aussi facilement
Et qu’entre nous deux, rien ne diffère
Le même élément nous unit
Et nous comble d’une joie intense
D’une joie d’enfant
Du plaisir de la découverte
De la douce sensation de naître
Et de renaître encore et encore au monde du silence
À ses merveilles, à son amour
Bienfaisant.

Tout doucement,
Tu tournes la tête
Et tu te remets en mouvement.
Il faut avancer encore
Vers les coraux, les algues et les amphores
Il faut avancer toujours
Il y a tant de choses à voir encore.

Mon père est un homme libre
Et quand il tient ma main
Tout au fond de l’eau
Je sais pourquoi je respire
Et pourquoi le monde est si beau.